Fixer la rémunération du salarié : tenir compte de certains seuils pour éviter les surprises…

Dépasser certains seuils, c’est payer plus cher que l’augmentation de salaire correspondante.
Si la rémunération d’un salarié dépasse 1 900€ par mois, l’entreprise perd 400€ d’aide par trimestre. Au-delà de 2 346€ par mois, c’est la réduction Fillon qui disparaît.
Avec le dernier seuil, le salaire de 5 133€, l’entreprise paie immédiatement 92€ de cotisations supplémentaires chaque mois, soit un peu plus de 1 100€ par an.

L’entreprise qui envisage d’embaucher un salarié se pose souvent la question de sa rémunération.

Quel salaire proposer à un candidat ? Un salaire trop peu élevé n’attirera pas les bons profils. Un salaire trop élevé par rapport aux moyens de l’entreprise risque aussi de poser problème.

Si le salarié est proche de certains seuils, toute prime ou augmentation peut parfois coûter cher.

Le salaire brut dépasse 1 906€ : l’entreprise perd l’aide à l’embauche

L’aide à l’embauche d’un premier salarié ou l’aide à l’embauche dans les PME (moins de 250 salariés) s’applique jusqu’à 1.3 fois le SMIC soit 1906€ en 2016.

Si l’on doit comparer le salarié qui touche 1 910€ à celui qui touche 1 900€, on s’aperçoit que les 10€ supplémentaires par mois coûtent en réalité près de 140€ de plus à l’entreprise, tous les mois.

Le salaire brut dépasse les 28 160€ par an ou 2 346€ par mois : la réduction Fillon

Lorsque le salaire est proche de ce seuil fixé à 1.6 fois le SMIC, toute prime ou augmentation de salaire a un impact immédiat qui peut aller bien au-delà du coût normal de cette simple augmentation.

La réduction générale de cotisations patronales est dégressive et remboursable, au plus tard en fin d’année.

Elle permet à un employeur d’économiser environ 28% du salaire brut du salarié. Le montant maximum de cette réduction de charges patronales est de :

  • 411€ dans les entreprises de moins de 20 salariés ;
  • 417€ dans les entreprises de 20 salariés et plus.

Avec l’aide à l’embauche, l’objectif zéro charges patronales est atteint au niveau du SMIC.

Exemple

Un salarié touche 2 000€ par mois. A la fin de l’année, il touche un treizième mois d’un montant de 2 000€ et une prime d’objectifs de 2 500€.

Chaque mois, la fiche de paie fait apparaître une réduction Fillon de 162€.

Le total des salaires équivaut à 2 000 * 12 + 2 000 + 2 500€ = 28 500€
Plafond de la réduction Fillon : 9.67€ * 151.67 heures * 12 mois * 1.6 = 28 159€

Après la paie de décembre, l’entreprise paiera 162 * 11€ soit 1 782€ au titre de l’annulation de la réduction Fillon sur l’année entière.

L’objectif de la réduction générale de cotisations est de favoriser l’embauche de personnel peu qualifié. Ce sont des salariés sans diplôme ou sans expérience professionnelle, qui sont alors payés au SMIC ou au minima conventionnel.

Le salaire dépasse 5 133€ par mois, l’entreprise perd le taux réduit d’allocations familiales

Les cotisations patronales d’allocations familiales étaient fixées à 5.25% du salaire brut jusqu’au 31 décembre 2014.

Au 1er janvier 2015, un premier seuil de taux réduit à 3.45% a été fixé. Ce seuil était le même que la réduction Fillon soit 1.6 fois le SMIC.

Au 1er avril 2016, le seuil a été relevé à 3.5 fois le SMIC soit à une somme mensuelle de 5 133€ brut.

L’employeur qui paie plus de 5 133€ bruts par mois à ses salariés, paie le complément d’allocations familiales fixé à 1.80% du salaire brut du salarié.

Exemple

Un salarié touche la somme de 5 130€ bruts par mois, sans prime annuelle. Le taux réduit d’allocations familiales s’applique.

Le même salarié touche une prime annuelle de 100€, l’entreprise paiera 1.80% de cotisations patronales supplémentaires, sur l’intégralité de son salaire annuel.

Pour 100€ de prime, l’entreprise paie 92€ de cotisations sociales sur un mois et 1108€ de cotisations patronales en un an. Peu importe que la prime soit versée en cours d’année ou à la fin de l’année.

L’entreprise qui souhaite anticiper ses charges patronales doit tenir compte de ces seuils pour éviter les surprises.

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