Les professions du chiffre vont connaître une importante mutation.

Jean-Luc Flabeau, le président du syndicat ECF fait le point sur la rapide évolution de l’exercice de l’expert-comptable et du CAC et sur les actions à entreprendre pour faciliter cette mutation.

Affiches Parisiennes : Le congrès d’ECF cette année est organisé autour du thème “Proactif face aux changements”, pouvez-vous nous le présenter brièvement ?

Jean-Luc Flabeau : "Comme beaucoup de métiers, notre profession du chiffre va connaître une mutation importante au cours des prochaines années. Notre syndicat ECF réfléchit bien évidemment à toutes les actions qui peuvent aider les confrères à accomplir ces changements qui vont agir sur leur mode d’exercice, l’organisation de leurs cabinets, les relations avec leurs clients et aussi leurs équipes. Avec les membres de mon bureau, nous avons donc souhaité bâtir ce congrès sur cette thématique. Avec deux conférences, l’une sur la révolution numérique et l’autre sur l’évolution des ressources humaines. Et de nombreux ateliers animés par les meilleurs spécialistes."

Vous êtes également commissaire aux comptes et ancien président de la Compagnie régionale des CAC de Paris IDF, les changements à venir concernent aussi les CAC, comment la profession va-t-elle évoluer ?

"Le Gouvernement, avec l’appui des représentants des entreprises, avait une volonté farouche de relever les seuils d’audit au niveau européen. Les représentants de la profession, que ce soient les institutions ou les syndicats, n’ont pas été entendus. à présent, il convient de se projeter dans l’avenir et de savoir comment la profession va s’adapter. Nos missions, quelles que soient leurs natures, ne seront acceptées par nos clients et notre environnement que si leur utilité est reconnue. Pour pouvoir continuer à pratiquer l’audit dans les PME en dessous des seuils européens, qui est devenu volontaire avec la loi Pacte, nous devrons proposer une approche d’audit véritablement adaptée. Chez ECF, c’est ce que nous proposons depuis 15 ans. Mais j’avoue que je suis encore inquiet sur la capacité de changement de la CNCC. Les deux nouvelles normes PE, remplaçant la NEP 910, n’apportent toujours pas les réponses d’adaptation et d’utilité que le marché demande."

Comment allez-vous accueillir les “nouveaux” experts-comptables d’entreprise au sein d’ECF ?

"Nous avons déjà un lien assez fort avec l’association des “Experts-comptables en entreprise”. Avec la loi Pacte, ces experts-comptables en entreprise vont être plus intégrés dans notre institution ordinale et j’espère que nous pourrons encore mieux travailler ensemble. Près de la moitié des jeunes diplômés vont en entreprise. C’est toute cette communauté de
diplômés, experts-comptables exerçant en libéral mais aussi diplômés d’expertise comptables, que nous devons mieux faire vivre. à l’heure des réseaux, il est très important que nous puissions développer le plus de connexions entre ces deux populations de diplômés d’expertise comptable. La grande profession du chiffre n’en sera que renforcée."

L’avenir de la profession est aussi lié à la bonne santé de nos entreprises, comment envisagez-vous l’action de l’expert-comptable après la diminution des seuils pour les CAC ?

"L’expert-comptable est au cœur de l’économie, non pas en tant que théoricien, mais parce qu’il est un praticien ancré dans la réalité des problématiques, des questionnements, des urgences auxquelles des milliers d’entrepreneurs doivent apporter des réponses, de leurs contraintes administratives et réglementaires, des évolutions de leurs marchés. Ce rôle central, cette capacité à réaliser le grand écart entre la comptabilité de base et le conseil stratégique, cette immersion au plus près des centres de décision de l’ensemble des secteurs de l’économie, bref, ce positionnement unique doit absolument être valorisé."

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Nous vous proposons de retrouver l’article complet sur le site de notre partenaire Affiches parisiennes.

Rédaction du site des Experts de l’entreprise.


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