Prélèvements ou paiement d’une facture par l’entrepreneur ou le dirigeant : conséquences en comptabilité.

L’entrepreneur qui paie les factures de sa société, ou effectue des prélèvements pour se rémunérer ou subvenir à ses besoins, est une situation très courante.
En société, les associés font des apports en compte courant lorsque c’est nécessaire, puis se remboursent.
Le statut juridique de la société induit le mode de comptabilisation de l’opération.

Le chef d’entreprise ou le dirigeant de société, peut parfois être amené à régler lui-même, les factures de son entreprise ou à lui avancer de l’argent. Il utilise alors sa trésorerie personnelle pour régler les dettes.

Il peut aussi prélever de l’argent ou se rembourser.

Selon qu’il s’agit d’une entreprise individuelle ou d’une société, le mode de comptabilisation ne sera pas totalement identique. Ce mode de comptabilisation permettra au lecteur des comptes de savoir s’il s’agit d’une entreprise individuelle ou d’une société.

La comptabilisation des opérations touche aux comptes courants d’associés, ou au compte de l’exploitant, selon le statut juridique de l’entreprise.

Comprendre la différence de comptabilisation : capital individuel ou capital social

A la création de l’entreprise, le compte 101 « capital » enregistre les apports des associés.

Les apports des associés ou du créateur d’entreprise sont destinés à permettre au moins le démarrage de l’activité. En entreprise individuelle, le capital individuel reste généralement à zéro puisqu’il n’y a pas d’apport obligatoire. Il ne sera pas alimenté avant la clôture du premier exercice.

Le compte 101 « capital individuel » est le cumul des résultats des exercices précédents et des opérations effectuées par l’exploitant (prélèvements, apports). Ce compte peut présenter un solde négatif et donc débiteur, lorsque l’entrepreneur individuel prélève plus d’argent que le cumul des bénéfices de son entreprise.

En société, le capital social ne changera que de manière exceptionnelle, au gré des augmentations ou réductions de capital.

La différence de traitement s’explique par le fait qu’en société, sauf exception, la responsabilité est limitée aux apports. Le capital social est donc la garantie des créanciers.

En entreprise individuelle (hors cas particulier de l’entrepreneur individuel à responsabilité limitée), la garantie des créanciers est le patrimoine de l’entrepreneur. La responsabilité n’est pas limitée.

Le paiement des factures par le dirigeant en entreprise individuelle : le compte 108 au crédit

Dans les entreprises individuelles, surtout lorsque la trésorerie de l’entreprise ne suffit pas, il peut arriver que ce soit l’entrepreneur individuel qui règle les factures de l’entreprise.

Le compte bancaire ou le compte pour la caisse (règlements en espèces) est alors remplacé par le crédit du compte 108 « compte de l’exploitant », ce même compte qui est soldé en fin d’exercice et qui alimente le compte 101 « capital individuel ».

Les prélèvements de l’exploitant : le compte 108 au débit

L’exploitant ou le chef d’entreprise individuelle peut aussi prélever tout ou partie du fruit de son travail dans l’entreprise. Ces sommes viendront diminuer le compte 108, et seront comptabilisées au débit.

Il peut aussi faire payer ses propres factures par son entreprise (et même ses impôts). Dans tous les cas, il s’agira de prélèvements.

Le paiement des factures de l’entreprise par le dirigeant de sociétés : le compte 455 au crédit

Lorsque l’entreprise a été créée sous la forme sociétaire, il n’est plus question d’utiliser le compte 108 « compte de l’exploitant ». Le compte à utiliser devient un compte de tiers, le compte 455 ou compte courant d’associé.

Ce compte, ouvert au nom de chaque associé, permettra à tous les associés d’apporter de l’argent lorsque c’est nécessaire.

L’apurement des dettes de la société aura pour contrepartie le crédit du compte 455 de l’associé concerné.

Tout remboursement de l’associé par la société sera comptabilisé au débit de ce compte. Contrairement au capital social, les sommes portées au compte courant d’un associé sont remboursables à tout moment. Ce n’est qu’en présence d’une convention de blocage que le remboursement sera interdit.

Pour mémoire, l’associé ne peut pas prélever plus d’argent que ce que lui doit la société. Le compte 455 ne peut avoir qu’un solde créditeur ou à zéro.

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