Le risque d’attaque est son paroxysme en France et dans le monde : les mesures à prendre face à la menace globale.

Depuis les attentats de Bamako (Mars et Novembre 2015), de Ouagadougou (Janvier 2016) et avant cela l’opération en France en novembre 2015 (Stade de France, fusillades du restaurant Le Petit Cambodge et du bar La Belle Équipe, Bataclan et l’attentat évité aux Quatre-Temps) le risque d’attentat contre des sites touristiques, hôteliers, commerciaux … est à son paroxysme tant en France qu’à l’étranger. Déjà en septembre 2013, les Shebab avaient mené une action terroriste contre le centre commercial de Westgate à Nairobi, capitale du Kenya.

L’attaque de Grand Bassam ne surprend pas les spécialistes

Depuis Bamako et Ouagadougou, les services de renseignement Français mais aussi américains avaient appelés leur ressortissant à la plus extrême vigilance, considérant qu’Abidjan et Dakar pouvait représenter des cibles potentielles dans un très proche avenir.

En Côte d’Ivoire, les forces de sécurité ivoiriennes ont arrêté récemment (janvier 2016) 2 individus en possession d’une centaine de bâton de dynamite. En Mai/juin l’année dernière, une attaque à eu lieu dans le saillant de Tingrela à la frontière du Mali. Les terroristes avaient pu s’échapper et traverser la frontière en direction de la Capitale Abdijan par l’axe Nord/sud Korogho/Abidjan.

Par conséquent l’attaque revendiquée par AQMI de Grand Bassam conduite hier par une quinzaine d’assaillants (selon les sources), n’étonne pas les spécialistes de la zone ni les autorités qui s’y étaient préparées. Le Ministre de la Sécurité Mohammed BAKAYOKO avait dés les attentats de Bamako déployé le CCDO (Centre de Coordination des Décisions Opérationnelles) et des hommes armés de la Police aux alentours des principales emprises hôtelières de la capitale.

Une situation sécuritaire mondiale alarmante

L’attaque d’hier est à mettre en perspective avec celle qui s’est produite au poste frontière de Ben Guerdane en Tunisie. Nous sommes face à une menace globale qui, malgré les rivalités entre l’Etat Islamique et AQMI, est en passe d’envahir l’arc saharo-sahélien avec des risques de débordement sur l’Afrique de l’ouest (l’attaque d’hier en est la preuve et Dakar reste en ligne de mire) et sur le Maghreb ou la situation chaotique en Libye contamine la Tunisie et pourrait, à terme déborder sur l’Algérie où la déliquescence économique est un facteur aggravant.

En Europe et en France, les dernières déclarations du patron de la DGSI, tout comme celles du patron d’Europol (lire l’article CORPGUARD) font craindre une attaque imminente. Abaaoud aurait lui même évoqué la présence de 90 combattants infiltrés.

Etat de la menace, typologie des cibles

Les scenarii envisagés par les institutions et rapportés par le journal Valeurs Actuelles font aujourd’hui état de la possibilité de devoir affronter des attaques multiples et simultanées dont le déroulement serait Attentat/Sur-attentat/Exfiltration ; l’objectif des terroristes étant non plus de mourir en « martyr » ou « inghimasi » mais bien de s’exfiltrer pour pouvoir recommencer.

Les modes opératoires envisagés restent assez « conventionnels » : attaque en force par des assaillants nombreux et lourdement armés, kamikaze homme ou femme, voiture piégée … ou pire une attaque simultanée sur plusieurs sites combinant les trois modes opératoires.

Les cibles évoquées sont quant à elles nombreuses et variées : outre les salles de spectacle, de concert, ou les stades recevant du public, les crèches, écoles et universités, les centres commerciaux, les Hôtels et sites touristiques, les sites industriels, les lieux de cultes… Tous les sites recevant du public sont des cibles molles fortement vulnérables et exposées.

Conduite à tenir face à ces risques terroristes

Le risque zéro n’existe pas et rien n’empêchera jamais des fous de commettre un attentat. Face à cette situation sécuritaire, il ne s’agit plus seulement de chercher à se prémunir des attaques terroristes mais aussi d’être en mesure de réagir quand elles se produisent en mettant à profit les « golden minutes » pour sauver des vies.

Il est de la responsabilité de tout un chacun de tout mettre en œuvre pour Empêcher, Dissuader, Retarder, Protéger, Secourir, Sauver.

A cette fin, il faut désormais inciter les responsables d’emprises recevant du public à diligenter dans les meilleurs délais des audits de sécurité et de sûreté afin de renforcer les procédures de contrôle, de surveillance mais aussi de réaction.

S’il revient aux forces régaliennes le rôle d’Empêcher, de dissuader retarder en assurant une surveillance périphérique des sites et une capacité d’intervention opérationnelle et de secours, il est en revanche de la responsabilité des acteurs privés d’assurer la protection périmétrique (le périmètre d’une entreprise est une zone privée), en installant des mesures de contrôle d’accès renforcées (portique, scanner, détecteur de métaux, fouille des individus et des véhicules).

Les évènements qui se sont déroulés en France le 13 Novembre dernier ont montré que la rapidité d’administration des premiers soins, apportés durant les « Golden minutes », permettait de sauver plus de vies (Voir le Compte rendu de l’audition devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée Nationale du Commandant de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris du 16.12.2015).

Aussi, afin de limiter les effets du scenario catastrophe, il convient d’envisager :
- la mise en place de zone de confinement permettant à des individus de rester cachés en attendant l’action des forces de sécurité,
- la création de zone de triage permettant de traiter des victimes multiples, blessées par armes de guerre et souffrant de poly-criblage, multiples blessures et d’hémorragies sévères (« massive blooding »),
- de disposer des moyens de secours d’urgence afin de traiter des blessures par arme de guerre en attendant l’arrivée des secours (solutions hémostatiques de type STARSIL, pansements compressifs, garrots tourniquets, brancards souples…).

La formation des personnels et l’information des clients doit aussi être une priorité tout comme, à terme, la capacité de disposer de gardes privés armés capables d’assurer en cas de catastrophe un dernier rempart avant l’intervention des forces de l’ordre.

David HORNUS – Directeur CORPGUARD ©

David HORNUS
(Directeur)
« Everytime everywhere, be safe »
www.corpguard.com
dhornus chez corpguard.com
Office : +33.426.024 813


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